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Bank Al-Maghrib maintient son taux directeur à 2,25 % : ce que cela change pour l’économie marocaine

7 minutes de lecture

Bank Al-Maghrib a décidé le 22 septembre 2026 de maintenir son taux directeur inchangé à 2,25 %, privilégiant la stabilité alors que l’inflation reste faible au Maroc mais que l’environnement international demeure particulièrement incertain.

La décision, prise lors de la troisième réunion trimestrielle du Conseil de la banque centrale en 2026, s’accompagne de nouvelles prévisions importantes : 4,4 % de croissance économique cette année, une inflation ramenée à 0,7 % et des réserves de change qui devraient dépasser 500 milliards de dirhams à fin décembre.

Les publications officielles de Bank Al-Maghrib sont accessibles sur le site institutionnel de Bank Al-Maghrib. La banque centrale a également annoncé officiellement la publication de son rapport de politique monétaire du 22 septembre 2026.

À retenir:

  • Taux directeur : 2,25 %, sans changement.
  • Bank Al-Maghrib prévoit une inflation moyenne de 0,7 % en 2026, puis 1,5 % en 2027.
  • La croissance marocaine est attendue à 4,4 % en 2026, avant 2,9 % en 2027.
  • Le crédit bancaire au secteur non financier progresserait de 8,1 % en 2026.
  • Les réserves officielles devraient atteindre 502,8 milliards de dirhams fin 2026.

Pourquoi Bank Al-Maghrib garde son taux à 2,25 %

La banque centrale justifie son choix par deux éléments qui pourraient sembler contradictoires à première vue.

D’un côté, l’inflation marocaine est devenue particulièrement faible. Bank Al-Maghrib estime qu’elle s’est établie à seulement 0,3 % en moyenne durant les huit premiers mois de 2026 et prévoit désormais une moyenne annuelle de 0,7 %.

De l’autre, les incertitudes externes restent élevées : tensions géopolitiques, prix de l’énergie, perturbations des approvisionnements et évolution de l’économie mondiale.

Dans ces conditions, une nouvelle baisse du taux n’était pas automatique.

Le taux directeur est le taux de référence utilisé par la banque centrale dans ses opérations avec les banques. Lorsqu’il baisse, les conditions monétaires peuvent devenir progressivement plus accommodantes. Lorsqu’il augmente, le financement tend au contraire à devenir plus coûteux.

Mais la transmission vers les crédits immobiliers, à la consommation ou aux entreprises n’est ni immédiate ni uniforme : les banques prennent aussi en compte le risque du client, la durée du prêt, leurs coûts de refinancement et leurs politiques commerciales.

L’inflation reste très basse, confirme le HCP

Les dernières données du Haut-Commissariat au Plan renforcent le diagnostic d’une inflation particulièrement contenue.

Selon la note officielle du HCP sur l’Indice des prix à la consommation d’août 2026, l’IPC a augmenté de 0,8 % entre juillet et août, principalement sous l’effet des produits alimentaires et des carburants.

Sur un an, la situation est très différente : l’indice des prix à la consommation a reculé de 0,3 % en août 2026. Les prix alimentaires ont baissé de 3,9 %, tandis que ceux des produits non alimentaires ont progressé de 2,5 %.

L’inflation sous-jacente, qui élimine notamment certains produits aux prix volatils et administrés, n’a progressé que de 0,1 % sur un an.

Cette faiblesse des prix explique en partie pourquoi Bank Al-Maghrib ne juge pas nécessaire de relever son taux.

Mais elle n’entraîne pas automatiquement une baisse : la banque centrale regarde les perspectives à moyen terme plutôt que les chiffres d’un seul mois.

BAM prévoit ainsi une remontée de l’inflation à 1,5 % en 2027, avec une inflation sous-jacente qui pourrait atteindre 2,2 %.

Croissance : 4,4 % attendus en 2026

La banque centrale reste relativement confiante dans la capacité de l’économie marocaine à résister aux chocs extérieurs.

La croissance devrait atteindre 4,4 % en 2026, après 4,9 % en 2025, puis ralentir à 2,9 % en 2027.

Cette trajectoire s’explique en partie par le secteur agricole.

Bank Al-Maghrib prévoit un rebond de 16 % de la valeur ajoutée agricole en 2026, en tenant compte d’une récolte céréalière estimée à 93 millions de quintaux.

En revanche, les activités non agricoles connaîtraient une croissance plus modérée de 3,1 % cette année, avant une accélération attendue à 4 % en 2027.

Le marché du travail montre également des signes d’amélioration. Les dernières statistiques officielles peuvent être consultées dans la publication du HCP sur le marché du travail au deuxième trimestre 2026.

Le pétrole reste le principal point de vigilance

La stabilité de l’inflation intérieure ne signifie pas que le Maroc est protégé contre les chocs internationaux.

Bank Al-Maghrib prévoit une moyenne du Brent à 87,2 dollars le baril en 2026, contre 68,2 dollars en 2025.

Conséquence : la facture énergétique marocaine pourrait augmenter de 28,4 % pour atteindre 138,1 milliards de dirhams cette année.

Cette hausse contribue également à détériorer les comptes extérieurs. BAM anticipe un déficit du compte courant de 4,6 % du PIB en 2026, contre 2,4 % en 2025, avant un reflux à 3 % en 2027.

C’est l’une des raisons pour lesquelles la prudence de la banque centrale est compréhensible : une inflation faible aujourd’hui peut rapidement être perturbée par une nouvelle poussée du pétrole ou des coûts d’importation.

Crédit bancaire : une accélération attendue en 2026

Pour les ménages et les entreprises, le maintien du taux directeur signifie surtout que Bank Al-Maghrib ne modifie pas, pour l’instant, l’orientation de sa politique monétaire.

BAM anticipe néanmoins une accélération notable du crédit bancaire au secteur non financier : +8,1 % en 2026, après 4,8 % en 2025, avant une progression de 6,1 % attendue en 2027.

Cette dynamique peut accompagner l’investissement et la consommation, mais elle ne signifie pas que tous les taux proposés par les banques vont automatiquement baisser.

Le taux directeur n’est qu’un élément parmi plusieurs déterminants du coût final d’un crédit.

Pour suivre les décisions de Bank Al-Maghrib, les taux d’intérêt, l’inflation et leurs conséquences sur l’épargne ou le financement, retrouvez également les analyses économiques et financières de FinMaroc.

Les réserves de change dépasseraient 500 milliards de dirhams

Autre indicateur suivi de près : les réserves officielles.

Bank Al-Maghrib prévoit des avoirs de réserve de 502,8 milliards de dirhams à fin 2026, puis 515,3 milliards à fin 2027.

Ces montants représenteraient environ cinq mois et demi d’importations de biens et services.

Sur le plan budgétaire, BAM prévoit parallèlement un déficit, hors produits de cession de participations de l’État, équivalent à 3,4 % du PIB en 2026 et 3,5 % en 2027.

Les données budgétaires officielles sont disponibles directement dans les publications du ministère de l’Économie et des Finances, qui a publié le 22 septembre la situation des charges et ressources du Trésor à fin août ainsi que son cadrage macroéconomique actualisé.

Une pause monétaire, pas un signal sur les prochaines décisions

La décision de septembre ne signifie pas que le taux de 2,25 % restera durablement inchangé.

Bank Al-Maghrib insiste sur une approche réunion par réunion, fondée sur les données économiques disponibles.

La trajectoire dépendra notamment des prix internationaux de l’énergie, de l’inflation sous-jacente, de la croissance non agricole et de l’évolution de la conjoncture internationale.

Le message envoyé le 22 septembre est donc avant tout celui de la prudence : l’économie marocaine reste dynamique et l’inflation est faible, mais l’environnement extérieur ne permet pas encore à la banque centrale de baisser sa garde.

Foire Aux Questions:

Quel est le taux directeur de Bank Al-Maghrib en septembre 2026 ?

Bank Al-Maghrib a maintenu son taux directeur à 2,25 % lors de sa réunion du 22 septembre 2026.

Quelle inflation Bank Al-Maghrib prévoit-elle pour 2026 ?

BAM prévoit désormais une inflation moyenne de 0,7 % en 2026, puis de 1,5 % en 2027.

Quelle croissance est prévue pour le Maroc en 2026 ?

Bank Al-Maghrib prévoit une croissance de 4,4 % en 2026, soutenue notamment par le rebond attendu de l’activité agricole.

Sources officielles:

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