Élections au Québec : retour du PQ et trois élus d’origine marocaine
Le Parti québécois (PQ) de Paul St-Pierre Plamondon a remporté les élections provinciales du 5 octobre 2026 avec 59 des 127 sièges de l’Assemblée nationale, signant son retour au pouvoir après douze années dans l’opposition. Avec environ 28 % des suffrages, le parti souverainiste devra cependant gouverner en situation minoritaire, la majorité absolue étant fixée à 64 sièges.
Le scrutin a également produit un résultat notable pour la communauté d’origine marocaine au Québec. Monsef Derraji, Valérie Assouline et Nada Boumeftah, tous candidats du Parti libéral du Québec, ont remporté leur circonscription. Leur élection intervient alors que les libéraux deviennent l’opposition officielle avec 40 sièges.
À retenir:
- Le Parti québécois obtient 59 sièges sur 127 avec environ 28 % des voix.
- Le PLQ remporte 40 sièges, les conservateurs 19 et Québec solidaire 9.
- La Coalition avenir Québec ne conserve aucun siège, malgré environ 13,3 % des suffrages.
- Trois candidats d’origine marocaine sont élus sous les couleurs du Parti libéral.
- Le résultat du PQ lui permet de former un gouvernement, mais pas un gouvernement majoritaire.
Le Parti québécois retrouve le pouvoir, mais sans majorité
Le principal changement politique du scrutin est le retour du Parti québécois au gouvernement.
Selon les résultats préliminaires compilés à partir des données électorales, le PQ obtient près de 1,2 million de voix, soit environ 28 % des suffrages, et arrive en tête dans 59 circonscriptions. Le Parti libéral du Québec suit avec 40 sièges et environ 24,2 % des votes. Le Parti conservateur du Québec obtient 19 sièges avec près de 20,7 %, tandis que Québec solidaire conserve neuf élus avec environ 12,4 %.
La nouvelle carte électorale utilisée en 2026 comprend officiellement 127 circonscriptions, contre 125 auparavant. Deux nouvelles circonscriptions ont été ajoutées lors de la révision de la carte, portant le seuil de la majorité parlementaire à 64 sièges.
Avec 59 députés, Paul St-Pierre Plamondon devra donc rechercher l’appui d’autres formations pour faire adopter certains textes et maintenir la confiance de l’Assemblée.
La CAQ perd tous ses sièges malgré plus de 13 % des voix
Le résultat le plus spectaculaire concerne la Coalition avenir Québec, qui dirigeait la province avant l’élection.
La CAQ recueille environ 13,3 % des suffrages, soit plus de 570.000 voix, mais ne remporte aucune des 127 circonscriptions. À titre de comparaison, Québec solidaire obtient neuf sièges avec une proportion de voix légèrement inférieure.
Cette situation s’explique par le système électoral québécois.
Chaque circonscription élit un seul député et le candidat qui recueille le plus de voix remporte le siège. Les votes ne sont donc pas transformés proportionnellement en sièges à l’échelle de la province.
Un parti peut ainsi obtenir un nombre important de voix réparties sur l’ensemble du territoire sans arriver premier dans suffisamment de circonscriptions.
Le scrutin de 2026 constitue une illustration particulièrement nette de cet effet : 28 % des voix donnent 59 sièges au PQ, tandis que 13,3 % ne donnent aucun siège à la CAQ.
Trois élus d’origine marocaine sous les couleurs libérales
Pour la communauté marocaine du Québec, trois résultats retiennent particulièrement l’attention.
Monsef Derraji est réélu dans Nelligan. Né à Marrakech en 1976, il siège à l’Assemblée nationale depuis 2018. Avant le scrutin de 2026, il avait notamment exercé plusieurs responsabilités parlementaires dans les domaines de la santé, des transports, de l’immigration et des finances. Sa biographie officielle à l’Assemblée nationale confirme également sa formation universitaire au Maroc avant son parcours au Québec.
Valérie Assouline remporte de son côté Saint-Laurent. Avocate et ancienne conseillère municipale, elle est née au Maroc et est arrivée au Québec à l’âge de quatre ans. Elle succède dans cette circonscription à Marwah Rizqy, qui ne sollicitait pas un nouveau mandat.
Enfin, Nada Boumeftah s’impose dans Maurice-Richard à l’issue d’une course beaucoup plus serrée. Le Parti libéral du Québec la présente officiellement comme Québécoise d’origine marocaine. Avocate spécialisée notamment en droit criminel et en protection de la jeunesse, elle était également connue du public québécois pour ses interventions médiatiques sur les questions judiciaires.
Selon les résultats publiés au lendemain du scrutin, Boumeftah l’emporte avec environ 31,1 % des voix et seulement 307 voix d’avance sur sa plus proche rivale.
Leur élection renforce le PLQ, pas le gouvernement du PQ
Une nuance est importante : les trois élus d’origine marocaine appartiennent au Parti libéral du Québec, pas au Parti québécois qui formera le gouvernement.
Ils siégeront donc sur les bancs de l’opposition officielle.
Cela ne signifie pas pour autant qu’ils seront dépourvus d’influence. Dans un parlement minoritaire, les rapports entre gouvernement et opposition deviennent plus importants puisque le parti au pouvoir ne dispose pas seul des 64 voix nécessaires pour contrôler l’Assemblée.
Les commissions parlementaires, les négociations autour des projets de loi et les votes de confiance peuvent ainsi donner davantage de poids aux groupes d’opposition.
Il serait néanmoins spéculatif d’affirmer dès maintenant que ces trois députés joueront un rôle particulier dans les relations entre le Maroc et le Québec. Leur influence dépendra de leurs fonctions parlementaires et des responsabilités que leur attribuera le PLQ.
Pour suivre plus largement les relations économiques et financières internationales du Maroc, les analyses de FinMaroc.com permettent également de replacer ces évolutions dans leur contexte.
La victoire du PQ n’équivaut pas à un vote pour l’indépendance
Le retour au pouvoir du Parti québécois relance inévitablement la question de la souveraineté du Québec.
Paul St-Pierre Plamondon a défendu pendant la campagne la tenue d’un nouveau référendum sur l’indépendance. Mais le résultat du 5 octobre ne peut pas être interprété automatiquement comme une approbation de ce projet.
Le PQ a remporté environ 27,9 % à 28 % du vote populaire, ce qui signifie qu’une large majorité des électeurs ont choisi d’autres formations. Les enquêtes citées par Reuters situent par ailleurs le soutien à la souveraineté autour de 30 %.
Le chef péquiste a indiqué que son projet référendaire ne serait pas lancé avant la fin de la présidence américaine de Donald Trump, invoquant l’environnement économique et géopolitique nord-américain. Cette promesse reste un engagement politique du PQ et non une décision déjà adoptée par l’Assemblée.
Le premier défi du nouveau gouvernement sera donc parlementaire : avec cinq sièges de moins que la majorité, il devra composer avec une Assemblée profondément fragmentée.
Une Assemblée québécoise profondément recomposée
Au-delà du retour du PQ, les élections de 2026 redessinent profondément le paysage politique québécois.
Les libéraux retrouvent une opposition parlementaire forte avec 40 députés. Les conservateurs réalisent une importante progression avec 19 élus. Québec solidaire conserve neuf sièges, tandis que la CAQ disparaît de l’Assemblée malgré plus d’un électeur sur huit ayant voté pour elle.
Les élections montrent également l’écart qui peut exister entre le vote populaire et la représentation parlementaire dans un scrutin majoritaire à un tour.
Pour les trois nouveaux ou réélus d’origine marocaine, le prochain enjeu sera désormais moins symbolique qu’institutionnel : leur place dans l’équipe libérale, leurs responsabilités parlementaires et les dossiers qu’ils choisiront de porter détermineront leur influence réelle au cours de la nouvelle législature.
FAQ
Qui a remporté les élections au Québec en 2026 ?
Le Parti québécois est arrivé en tête avec 59 sièges sur 127 et environ 28 % des suffrages. Il devrait former un gouvernement minoritaire.
Quels élus d’origine marocaine ont remporté un siège ?
Monsef Derraji, Valérie Assouline et Nada Boumeftah ont été élus sous la bannière du Parti libéral du Québec.
Pourquoi le PQ n’a-t-il pas de majorité ?
La majorité nécessite 64 sièges dans la nouvelle Assemblée de 127 circonscriptions. Le PQ en a remporté 59, soit cinq de moins que le seuil requis.
Sources officielles et fiables:
Élections Québec — carte électorale et 127 circonscriptions en 2026
Consulter les informations officielles d’Élections Québec
Reuters — résultats et contexte politique des élections québécoises de 2026
Consulter l’analyse des résultats du scrutin
Assemblée nationale du Québec — biographie officielle de Monsef Derraji
Consulter la biographie de Monsef Derraji
Parti libéral du Québec — profils officiels des candidats
Consulter le profil de Nada Boumeftah
Consulter le profil de Valérie Assouline