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Banques africaines 2026 : trois groupes marocains dans le Top 10 continental

7 minutes de lecture

Le Maroc compte désormais trois groupes bancaires parmi les dix premiers établissements africains, selon le classement 2026 publié par African Business. Attijariwafa bank occupe la troisième position, la Banque Centrale Populaire conserve la sixième place, tandis que Bank of Africa progresse au neuvième rang.

Cette présence confirme le poids des banques marocaines sur le continent. Avec neuf établissements dans le Top 100 et des fonds propres de base cumulés atteignant 23,3 milliards de dollars, le Royaume dispose d’acteurs capables d’accompagner des investissements bien au-delà de ses frontières.

À retenir :

  • Attijariwafa bank conserve la troisième place africaine avec 7,68 milliards de dollars de fonds propres Tier 1.
  • La Banque Centrale Populaire se maintient au sixième rang continental.
  • Bank of Africa gagne deux positions et atteint la neuvième place.
  • Les neuf banques marocaines classées cumulent 23,3 milliards de dollars de fonds propres de base, contre 20,3 milliards précédemment.
  • Le classement évalue la solidité des capitaux bancaires, et non uniquement la taille des établissements.

Attijariwafa bank, BCP et Bank of Africa parmi les leaders africains

Le classement annuel d’African Business, publié le 5 octobre 2026, confirme le positionnement des grandes banques marocaines dans l’industrie financière africaine.

Attijariwafa bank conserve sa troisième position avec 7,68 milliards de dollars de fonds propres de base, contre 6,25 milliards lors de l’édition précédente. Une progression d’environ 23 % qui renforce son poids financier.

Le groupe demeure derrière Standard Bank, établissement sud-africain occupant la première place, et National Bank of Egypt, banque égyptienne classée deuxième.

La Banque Centrale Populaire (BCP) conserve, de son côté, la sixième position. Ce résultat illustre la place du groupe dans le financement bancaire régional, notamment à travers ses activités et participations en Afrique.

La progression la plus visible concerne Bank of Africa – BMCE Group, qui passe du onzième au neuvième rang. Ses fonds propres Tier 1 atteignent 3,84 milliards de dollars.

Le Maroc se distingue ainsi par la présence de plusieurs groupes de grande taille, même si d’autres pays, notamment l’Égypte, comptent davantage d’établissements dans le Top 100.

Fonds propres Tier 1 : comprendre ce que mesure réellement le classement

Pour interpréter cette hiérarchie, il faut comprendre la notion de fonds propres Tier 1.

Il s’agit essentiellement des capitaux de première qualité dont dispose une banque pour absorber les pertes et soutenir ses activités. Ils comprennent notamment le capital et les réserves éligibles, selon les règles prudentielles applicables.

Plus ces ressources sont importantes, plus un établissement dispose généralement d’une capacité financière pour développer ses opérations, sous réserve de respecter les exigences réglementaires.

Mais attention : un classement fondé sur le Tier 1 ne mesure pas directement la rentabilité, la qualité du service ou le montant des crédits distribués.

African Business précise également que les montants sont convertis en dollars américains. Les fluctuations des taux de change peuvent donc modifier la position d’une banque indépendamment de l’évolution réelle de son activité.

À l’échelle continentale, les cent établissements recensés totalisent 155 milliards de dollars de fonds propres Tier 1, soit une hausse de 23 % par rapport à l’édition précédente.

Cette progression traduit un renforcement global des ressources financières du secteur, même si les situations varient considérablement entre les pays.

Pourquoi les banques marocaines occupent une place importante en Afrique

L’implantation internationale constitue l’une des principales caractéristiques du modèle bancaire marocain.

Au fil des années, les grands groupes du Royaume ont développé des réseaux en Afrique de l’Ouest, en Afrique centrale et sur d’autres marchés régionaux.

Cette stratégie leur permet de diversifier leurs activités, de mobiliser l’épargne locale et d’accompagner les entreprises opérant dans plusieurs pays.

Attijariwafa bank représente un exemple de cette expansion. Selon ses données financières officielles, le groupe était présent dans 27 pays et servait plus de 12 millions de clients à fin décembre 2025.

Son bilan consolidé atteignait alors environ 795,5 milliards de dirhams, en progression de 9,5 % sur un an.

Bank of Africa présente également une activité internationale significative. Dans son communiqué des résultats annuels 2025, le groupe annonce un résultat net part du groupe de 3,8 milliards de dirhams, en hausse de 11 %.

Ces données publiées par les établissements donnent une lecture complémentaire de leur activité. Elles ne doivent toutefois pas être confondues avec les fonds propres Tier 1 utilisés dans le classement continental.

Pour le Maroc, cette présence internationale constitue un outil d’accompagnement du commerce, des investissements et du développement des entreprises à l’étranger.

Un poids bancaire qui peut soutenir les investissements et le commerce africain

Au-delà des positions dans un classement, l’enjeu concerne la contribution réelle des banques au financement des économies.

Les entreprises présentes dans plusieurs pays africains ont besoin de solutions de paiement, de garanties bancaires, de crédits d’investissement et de financement du commerce international.

Les grands groupes bancaires peuvent faciliter ces opérations grâce à leurs réseaux régionaux et à leur connaissance des réglementations locales.

Les besoins restent considérables.

Selon la Banque africaine de développement, la demande de financement du commerce non satisfaite en Afrique représentait entre 74 et 92 milliards de dollars en 2024.

Cet écart montre qu’une partie importante des besoins des entreprises demeure insuffisamment couverte.

Dans ce contexte, les ressources financières des banques marocaines peuvent constituer un levier pour accompagner les échanges commerciaux et certains projets d’investissement.

Toutefois, disposer de davantage de capitaux ne signifie pas automatiquement accorder davantage de crédits. Les décisions de financement dépendent également du risque, de la demande, des garanties disponibles et des conditions économiques.

Pour suivre ces évolutions et leurs conséquences sur l’économie nationale, retrouvez également les analyses économiques et financières du Maroc sur FinMaroc.

Une concurrence africaine qui impose de renforcer la solidité bancaire

Malgré leur positionnement, les banques marocaines évoluent dans un environnement de plus en plus concurrentiel.

Les groupes sud-africains conservent une forte présence parmi les premières places, tandis que plusieurs établissements égyptiens et nigérians renforcent leurs capitaux.

African Business souligne notamment la progression des banques nigérianes, soutenue par des opérations de recapitalisation.

Pour les groupes marocains, conserver leur position nécessitera donc davantage qu’une augmentation de la taille de leurs bilans.

La maîtrise des risques, la qualité des portefeuilles de crédits, la rentabilité des filiales et l’adaptation aux services financiers numériques resteront déterminantes.

L’expansion internationale crée aussi des contraintes : exposition aux devises, différences réglementaires et conjonctures économiques parfois instables.

La véritable réussite ne se mesurera donc pas uniquement par le nombre d’établissements figurant dans le Top 10, mais par leur capacité à maintenir des équilibres financiers solides tout en finançant durablement l’économie.

Le classement 2026 constitue ainsi un signal favorable pour le secteur bancaire marocain. Il confirme sa dimension continentale, sans garantir pour autant que cette avance restera acquise face à la montée en puissance des autres marchés africains.

FAQ

1. Quelles sont les banques marocaines dans le Top 10 africain en 2026 ?

Attijariwafa bank occupe la troisième place, la Banque Centrale Populaire la sixième et Bank of Africa la neuvième, selon African Business.

2. Quelle est la première banque africaine en 2026 ?

Standard Bank, groupe sud-africain, arrive en tête du classement African Business 2026 établi selon les fonds propres Tier 1.

3. Combien de banques marocaines figurent dans le Top 100 africain ?

Neuf banques marocaines figurent dans le classement 2026, avec un total de 23,3 milliards de dollars de fonds propres Tier 1.

Sources officielles et fiables

  1. African Business – Africa’s Top 100 Banks 2026 : classement et méthodologie
  2. Attijariwafa bank – Chiffres clés officiels et résultats financiers 2025
  3. Bank of Africa – Communiqué officiel des résultats annuels 2025 (PDF)
  4. Banque africaine de développement – Rapport sur le financement du commerce en Afrique, publié en 2026

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