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Banques marocaines : le besoin de liquidité grimpe à 136,5 milliards de dirhams en septembre 2026

9 minutes de lecture

Le besoin de liquidité des banques marocaines a atteint 136,5 milliards de dirhams en moyenne hebdomadaire en septembre 2026, contre 133,1 milliards en août. Cette progression, révélée par les données de Bank Al-Maghrib (BAM), souligne la dépendance persistante du secteur bancaire aux opérations de refinancement de la Banque centrale.

L’augmentation représente 3,4 milliards de dirhams en un mois, soit environ 2,6 %. Elle intervient alors que Bank Al-Maghrib poursuit ses injections de liquidités pour assurer le fonctionnement du marché monétaire et maintenir les taux interbancaires à un niveau proche du taux directeur.

Derrière ces montants, une question importante se pose : quelles conséquences pour le financement des entreprises, les crédits immobiliers et l’épargne des ménages marocains ?

À retenir:

  • Le besoin de liquidité bancaire atteint 136,5 milliards de dirhams en septembre 2026, contre 133,1 milliards en août.
  • Bank Al-Maghrib mobilise 152,5 milliards de dirhams à travers plusieurs instruments de refinancement.
  • Le taux interbancaire moyen reste à 2,25 %, au même niveau que le taux directeur.
  • Au deuxième trimestre 2026, le taux moyen des crédits augmente à 4,81 %, avec des évolutions différentes pour les entreprises et les particuliers.

Un besoin de financement bancaire qui continue de progresser

Selon la revue mensuelle de la conjoncture économique, monétaire et financière de Bank Al-Maghrib, dont les résultats ont été relayés par Hespress, les banques marocaines ont enregistré une nouvelle augmentation de leurs besoins de refinancement en septembre.

Ce chiffre de 136,5 milliards de dirhams correspond à une moyenne hebdomadaire. Il ne représente donc ni une perte financière pour les établissements ni une somme soudainement retirée des comptes bancaires.

Le besoin de liquidité mesure, de manière simplifiée, les ressources supplémentaires dont les banques ont besoin pour équilibrer leurs trésoreries et assurer leurs opérations dans les conditions monétaires du moment.

Il est essentiel de distinguer cette situation d’une crise bancaire. Un système bancaire peut présenter un déficit structurel de liquidité tout en continuant à fonctionner normalement, dès lors que les mécanismes de refinancement remplissent leur rôle.

La hausse observée en septembre confirme néanmoins l’importance croissante de ces mécanismes dans le fonctionnement quotidien des établissements.

Pourquoi les banques marocaines ont-elles besoin de liquidités ?

Plusieurs facteurs économiques peuvent influencer la disponibilité des ressources bancaires.

La circulation des billets constitue notamment un déterminant important. Lorsque davantage d’argent liquide quitte les comptes bancaires pour circuler sous forme d’espèces, les banques disposent de moins de liquidités directement utilisables pour leurs règlements.

Les mouvements des dépôts, les opérations du Trésor et l’évolution des crédits peuvent également modifier l’équilibre du marché monétaire.

Une banque peut ainsi disposer d’un portefeuille de prêts important et d’une activité rentable, tout en ayant besoin de ressources immédiatement disponibles pour honorer ses engagements à court terme.

Il faut toutefois éviter d’attribuer automatiquement la hausse de septembre à un facteur particulier. Les chiffres présentés ne permettent pas, à eux seuls, de mesurer la contribution exacte de la circulation fiduciaire, des dépôts ou de la demande de crédit.

L’enjeu est donc moins le niveau isolé du déficit que sa trajectoire et les conditions dans lesquelles les banques parviennent à se refinancer.

Bank Al-Maghrib mobilise 152,5 milliards de dirhams

Pour accompagner les besoins du système bancaire, Bank Al-Maghrib a maintenu un volume global d’injections de 152,5 milliards de dirhams, réparti entre trois instruments.

Les avances à sept jours représentent 57,1 milliards de dirhams. Elles permettent aux banques d’obtenir temporairement des fonds auprès de la Banque centrale.

Les opérations de pension livrée à un et trois mois totalisent 47,6 milliards de dirhams. Dans ce mécanisme, des titres financiers sont mobilisés dans le cadre d’opérations assorties d’un engagement de rachat.

Enfin, les prêts garantis à long terme représentent 47,8 milliards de dirhams. Ils contribuent à fournir des ressources sur des horizons plus étendus.

Ces interventions s’inscrivent dans le cadre opérationnel de la politique monétaire de Bank Al-Maghrib.

Il serait incorrect d’interpréter les 152,5 milliards injectés comme une dépense publique ou comme un montant directement accordé aux ménages. Il s’agit d’opérations de refinancement bancaire, dont les durées et les modalités diffèrent.

De même, la différence entre les injections et le besoin estimé ne constitue pas automatiquement un excédent de trésorerie librement disponible.

Un taux interbancaire stable à 2,25 %

Malgré l’augmentation du besoin de liquidité, les données relatives au marché interbancaire montrent une stabilité du coût des échanges entre établissements.

En septembre, le volume quotidien moyen des transactions s’est établi à 3,9 milliards de dirhams, tandis que le taux moyen pondéré a atteint 2,25 %.

Ce niveau correspond au taux directeur maintenu par Bank Al-Maghrib lors de la réunion de son Conseil du 22 septembre 2026.

Comme l’a rapporté SNRT News dans sa couverture de cette décision, la Banque centrale a choisi de conserver son principal taux de référence.

Cette stabilité est importante : elle indique que l’augmentation du besoin de financement ne s’est pas accompagnée, en moyenne mensuelle, d’une hausse du taux interbancaire.

Cela ne signifie pas pour autant que les conditions de financement sont identiques pour tous les emprunteurs.

Entreprises et ménages : des évolutions différentes des taux de crédit

Les résultats de l’enquête de Bank Al-Maghrib pour le deuxième trimestre 2026 font apparaître une hausse de 15 points de base du taux débiteur moyen global, qui atteint 4,81 %.

Pour les entreprises non financières, le taux moyen progresse à 4,71 %. Les crédits à l’équipement atteignent 4,65 %, tandis que les facilités de trésorerie s’établissent à 4,62 %.

Une différence demeure selon la taille des emprunteurs : les grandes entreprises bénéficient d’un taux moyen de 4,56 %, contre 5,20 % pour les très petites, petites et moyennes entreprises (TPME).

Cette disparité reste significative. Pour une petite entreprise qui finance ses stocks, investit dans du matériel ou cherche à développer son activité, le coût du crédit constitue un élément déterminant de sa capacité d’investissement.

Du côté des particuliers, l’évolution est plus favorable. Le taux moyen recule de 15 points de base pour atteindre 5,59 %.

Les crédits à l’habitat affichent un taux moyen de 4,53 %, tandis que les crédits à la consommation se situent à 6,81 %.

Ces chiffres concernent le deuxième trimestre, et non septembre. Ils ne permettent donc pas d’affirmer que la hausse récente du besoin de liquidité a directement provoqué une modification des taux appliqués aux clients.

Le taux final proposé par une banque dépend également du profil de l’emprunteur, de la durée du prêt, des garanties et du risque évalué.

Épargne bancaire : quels indicateurs surveiller dans les prochains mois ?

Les évolutions sont également contrastées pour les placements bancaires.

En août 2026, le taux moyen des dépôts à six mois recule à 2,15 %, tandis que celui des dépôts à douze mois progresse à 2,65 %.

Le taux minimum de rémunération des comptes sur carnet a été fixé à 1,82 % pour le second semestre 2026.

Pour les épargnants, ces données rappellent qu’une modification du taux directeur ou du besoin de liquidité ne se traduit pas nécessairement par une évolution uniforme des rendements bancaires.

Les ménages doivent comparer les conditions réellement proposées, notamment les durées de placement, les frais éventuels et les modalités de disponibilité des fonds.

Pour suivre ces questions, les analyses économiques et bancaires publiées sur FinMaroc permettent également de replacer les taux d’intérêt dans leur contexte marocain.

À court terme, trois indicateurs méritent une attention particulière : l’évolution du besoin de liquidité, le volume des interventions de Bank Al-Maghrib et la transmission des conditions monétaires aux crédits bancaires.

En définitive, les données de septembre ne démontrent pas une crise de liquidité, mais confirment un besoin important et persistant de refinancement. La capacité de Bank Al-Maghrib à stabiliser le marché monétaire reste un élément central pour préserver des conditions de financement prévisibles pour les banques, les entreprises et les ménages.


FAQ : liquidité bancaire au Maroc

1. Quel est le besoin de liquidité des banques marocaines en septembre 2026 ?

Il atteint 136,5 milliards de dirhams en moyenne hebdomadaire, contre 133,1 milliards en août 2026, selon les données de Bank Al-Maghrib relayées par la presse économique.

2. Pourquoi Bank Al-Maghrib injecte-t-elle des liquidités ?

Elle refinance les banques afin de leur permettre de couvrir leurs besoins de trésorerie et de maintenir le bon fonctionnement du marché monétaire.

3. Une hausse du besoin de liquidité entraîne-t-elle une augmentation des taux de crédit ?

Pas automatiquement. Les taux proposés aux emprunteurs dépendent notamment du taux directeur, du coût des ressources, de la concurrence et du profil de risque des clients.


Sources officielles et fiables

  1. Hespress — Banques : le besoin de liquidité se creuse à 136,5 MMDH en septembre — 11 octobre 2026. Données de la revue mensuelle de Bank Al-Maghrib.
  2. La Vie éco — Liquidité bancaire : le besoin grimpe à 136,5 MMDH en septembre — 10 octobre 2026. Confirmation des besoins bancaires et de la répartition des injections.
  3. Bank Al-Maghrib — Présentation des opérations de marché — Source institutionnelle sur les instruments de refinancement et la conduite de la politique monétaire.
  4. SNRT News — Bank Al-Maghrib maintient son taux directeur à 2,25 % — 22 septembre 2026. Décision de politique monétaire et contexte économique.

Note éditoriale : les chiffres de septembre et les données sur les taux de crédit concernent des périodes de référence différentes. Aucun lien de causalité direct entre ces deux évolutions ne peut être déduit des seules statistiques présentées.

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