Bons du Trésor et obligations : comment investir dans les taux au Maroc
Adjudications hebdomadaires, rendements, marché secondaire : le mode d'emploi des bons du Trésor et des obligations au Maroc.
Moins médiatisée que la Bourse, la dette obligataire est pourtant le premier marché financier du Royaume par les encours. L’État, les collectivités et les grandes entreprises s’y financent en émettant des bons du Trésor et des obligations, que banques, assureurs, OPCVM et particuliers peuvent détenir. Un placement en apparence technique, mais dont la logique est simple : prêter de l’argent contre un taux d’intérêt et un remboursement à échéance.
Comment fonctionne une obligation ?
Une obligation est un titre de créance : l’émetteur s’engage à verser un coupon (intérêt annuel) et à rembourser le nominal à l’échéance. Les bons du Trésor couvrent les maturités courtes (13 à 52 semaines) comme longues (jusqu’à 30 ans), émis lors d’adjudications hebdomadaires organisées par Bank Al-Maghrib pour le compte du Trésor. Les résultats (montants, taux moyens) sont publiés après chaque séance et constituent la référence du marché des taux.
Les entreprises, elles, empruntent via des obligations d’entreprises, dont le rendement intègre une prime de risque liée à la solidité de l’émetteur : plus la signature est risquée, plus le taux offert est élevé.
Qui peut investir, et comment ?
Le marché primaire des adjudications est réservé aux institutions, mais les particuliers accèdent aux titres par trois voies : la souscription directe auprès de leur banque pour certaines émissions ouvertes, le marché secondaire (achat de titres existants via une société de bourse) et, plus simple, les OPCVM obligataires et monétaires, qui mutualisent l’accès et la gestion.
Rendement et risque de taux
Le rendement d’une obligation varie inversement à son prix : quand les taux montent, le prix des titres existants baisse, et réciproquement. Détenir un titre jusqu’à l’échéance neutralise ce risque de prix, à condition que l’émetteur ne fasse pas défaut. La sensibilité d’un portefeuille obligataire aux taux se mesure par sa duration : plus elle est élevée, plus la valeur liquidative réagit aux mouvements du taux directeur de Bank Al-Maghrib.
Fiscalité des revenus obligataires
Les intérêts perçus par les particuliers sont soumis à l’impôt sur le revenu par voie de retenue à la source libératoire : 30 % pour les titres nominatifs, taux majoré pour les titres au porteur. Les plus-values de cession relèvent du régime des profits de capitaux mobiliers, comme les revenus des actions.
Quelle place dans un patrimoine ?
Les titres de taux jouent un rôle de stabilisateur : réguliers, prévisibles, peu volatils. Dans un environnement où l’inflation est revenue sous 2 %, les taux réels offerts par les obligations de bonne signature redeviennent positifs, ce qui redonne du sens à la poche obligataire d’un portefeuille diversifié.
Pour aller plus loin
- OPCVM au Maroc : la voie la plus simple pour investir dans les obligations.
- Taux directeur de Bank Al-Maghrib : le pivot de tous les taux du marché.
- Préparer sa retraite : où les obligations trouvent naturellement leur place.