OPCVM au Maroc : sicav, FCP, fonctionnement et fiscalité
Sicav, FCP, fonds monétaires ou actions : comment fonctionnent les OPCVM au Maroc, combien ils rapportent et comment les choisir.
Placer son épargne sans gérer soi-même un portefeuille d’actions ou d’obligations : c’est la promesse des OPCVM (organismes de placement collectif en valeurs mobilières). Au Maroc, ces fonds collectent l’épargne des particuliers et des entreprises pour l’investir sur les marchés, sous le contrôle de l’AMMC. Ils représentent aujourd’hui des centaines de milliards de dirhams d’encours et constituent la porte d’entrée la plus simple vers les marchés financiers marocains.
Sicav et FCP : quelle différence ?
Les deux structures poursuivent le même objectif, mais leur nature juridique diffère. La sicav (société d’investissement à capital variable) est une société anonyme : l’épargnant détient des actions de la société et dispose, en théorie, de droits d’actionnaire. Le FCP (fonds commun de placement) est une copropriété de valeurs mobilières sans personnalité morale : l’épargnant détient des parts du fonds, géré par une société de gestion.
Dans la pratique, cette distinction a peu d’impact pour l’investisseur particulier : les parts des deux structures s’achètent et se revendent auprès des banques et des sociétés de gestion, à une valeur liquidative publiée quotidiennement ou hebdomadairement.
Les grandes familles de fonds
Les OPCVM marocains se répartissent en quatre catégories principales, du plus prudent au plus risqué :
- Monétaires : investis en instruments de court terme, ils offrent une liquidité quasi immédiate et un rendement proche des taux du marché monétaire, avec un risque très faible ;
- Obligataires : investis en bons du Trésor et obligations d’entreprises, ils visent un rendement supérieur au monétaire, avec une sensibilité aux variations des taux ;
- Diversifiés : combinaison d’actions et d’obligations, pour un profil équilibré ;
- Actions : investis sur la Bourse de Casablanca, ils répliquent ou surperforment les indices, avec une volatilité plus forte mais un potentiel de long terme supérieur.
Frais et rendement : ce qu’il faut regarder
Trois niveaux de frais pèsent sur la performance : les droits d’entrée (parfois nuls en ligne), les frais de gestion annuels (de quelques dixièmes de point pour un monétaire à plus de 2 % pour un fonds actions) et les commissions de souscription ou de rachat. Sur dix ans, un point de frais annuel en moins représente une différence de capital considérable : la lecture du document d’informations clés est indispensable avant toute souscription.
La fiscalité des OPCVM
Les particuliers sont imposés sur la plus-value réalisée lors du rachat des parts, au taux libératoire prévu par le code général des impôts (20 % pour les fonds actions, taux réduit pour les fonds obligataires et monétaires respectant certains seuils de durée). L’impôt est retenu à la source par la société de gestion : aucune démarche n’est à faire. Les personnes morales relèvent, elles, du régime de l’impôt sur les sociétés.
Pour qui, pour quoi ?
Le fonds monétaire convient à la trésorerie d’attente, l’obligataire à un horizon de deux à quatre ans, le diversifié et l’actions à un horizon supérieur à cinq ans. Pour un investisseur qui débute, une souscription régulière, mensuelle et automatique, lisse les points d’entrée et transforme l’épargne en habitude.
Pour aller plus loin
- Bons du Trésor et obligations : la classe d’actifs que privilégient les fonds obligataires.
- Investir avec un petit budget : la méthode de l’épargne programmée appliquée aux marchés.
- Dividendes : fiscalité et stratégie : l’autre moteur de rendement des fonds actions.